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Société de Neurophysiologie Clinique de Langue Française
   
        

EEG et COMA POSTANOXIQUES : TOUJOURS UNE ZONE DANGEREUSE



L'EEG demeure un examen incontournable dans l'évaluation pronostique des Comas Post-Anoxiques.
Il peut indiquer rapidement un pronostic favorable, selon une étude hollandaise (1) portant sur l'évaluation de 142 patients en hypothermie enregsitrés en EEG continu dans les 5 jours suivant l'accident initial : 12h après l'arrêt cardiaque, un bon tracé (ralentissement diffus, ou normal) est associé à une évoluation favorable avec une spécificité de 96 % (une sensibilité de 56 %).
A l'inverse, et à 24h, un tracé péjoratif (tracé isoélectrique, faible amplitude ou de suppression-burst avec des burst identiques) est associé à une évolution défavorable dans 100 % des cas (une sensibilité de 48%).
Cette différence entre une excellent spécificité pour les deux pronostics et la sensibilité moyenne indique l'existence d'une importante « zone grise » où les informations recueillies ne permettent pas de déterminer l'évolution ultérieure : de nombreux faux négatifs échappent à la classification pronostique qui est proposée.
Cela peut-il relever de la difficulté à lire et à classer correctement un EEG de réanimation ? Pour mesurer la concordance interobservateur, un travail associant plusieurs centres européens a comparer les classifications diagnostiques de 4 neurophysiologistes confrontés, en aveugle, à des tracés EEG post-anoxiques (2).
La classification était basée sur les recommandations de l'ACNS, soit tracés « hautement malins» (suppression du tracé de fond, suppression du tracé de fond et décharges périodiques continues, tracé de burst-suppression), tracés « malins » (patterns périodiques ou rythmiques, tracé discontinus, faible amplitude, gradient antéropostérieur inversé, tracé non réactif) et tracé « bénins » (ne comportant pas les éléments malins sus-cités).
Une bonne concordance existait pour les tracés « hautement malins » (0,7) mais était plus limitée pour les tracés « malins » (0,42). Ces données confirment la difficulté qui persiste pour l'interprétation des EEG de gravité intermédiaire, où se mêlent des pronostics favorables et défavorables, et pour lesquels la prudence doit rester de mise.
 
 
(1)Tjepkema-Cloostermans MC.  Electroencephalogram Predicts Outcome in Patients With Postanoxic Coma During Mild Therapeutic Hypothermia. Critical Care Medicine 43 (2015) 159-167
(2) Westhall E. et al., Interrater variability of EEG interpretation in comatose cardiac arrest patients Clinical Neurophysiology 126 (2015) 2397–2404
 

Lu 1311 fois | modifié le Vendredi 29 Janvier 2016